Mardi 23 janvier 2007
Tombera, tombera pas.
Ce matin, nous nous sommes réveillés dans le noir, ce qui n'a rien d'étonnant pour un mardi matin de janvier. Bouleversement climatique ou pas, en janvier, il fait toujours sombre à 6h30. Et un mardi, a fortiori, Monsieur L., toujours très respectueux du réveil-matin, ouvre à cette heure-là son oeil le moins croûteux.
- Alors, me chuchota-t-il au creux de l'oreille, qu'est ce que tu en penses? Tu crois que ça y est?
Je tendis l'oreille attentivement, tentant de percevoir au passage mouillé des véhicules quelqu'effet de sourdine sur un sol capitonné. Ou peut-être, dans un élan de sensibilité auditive empathique et imaginaire, le pas étouffé et croustillant des passants matinaux... Nous ne sommes qu'au sixième étage, douteriez-vous encore du pouvoir de mes oreilles bioniques?
- Oui, dis-je, j'en suis sûre! C'est l'hiver! Puis ils l'ont dit à la TV...
Monsieur L. se leva et se rendit dans le salon pour mettre un terme à nos suppositions et enfin trancher cette question si préoccupante.
- Nope mon coeur, pas encore!
Quelle déception, alors que j'avais planifié une exploration emmitouflée dans le parc dès l'aurore, pour retrouver le plaisir immense de fouler un tapis de neige vierge!
Mais non, le Rhône coule toujours paisiblement, et le lac du Parc de la Tête d'Or n'est certainement pas cerné par une cage de glace. Et point encore de monticule blanc visible sur le dos des éléphants. Ce n'est pas aujourd'hui que l'on devra interdire aux enfants téméraires de faire du bobsleigh sur les pentes cervicales des girafes.
Mais l'hiver est bien là, aux portes de la ville, et ma tendance frileuse, alors que j'écris ce matin, gèle mes doigts et renvoie mon imaginaire aux plaines gelée de la Sibérie ou à la maison natale du Docteur Zhivago, mangée par la glace. (Heureusement, je ne dois pas réchauffer l'encre pour écrire mes textes).
Peut-être mes rêves de cette nuit furent-ils influencés par l'ambiance d'hier soir, sur les traces de l'Abbé Pierre dans les rues enneigées de l'Hiver 54?
Toujours est-il que ce matin, il neige un peu dans ma tête, et sur mon coeur.
Ce matin, nous nous sommes réveillés dans le noir, ce qui n'a rien d'étonnant pour un mardi matin de janvier. Bouleversement climatique ou pas, en janvier, il fait toujours sombre à 6h30. Et un mardi, a fortiori, Monsieur L., toujours très respectueux du réveil-matin, ouvre à cette heure-là son oeil le moins croûteux.
- Alors, me chuchota-t-il au creux de l'oreille, qu'est ce que tu en penses? Tu crois que ça y est?
Je tendis l'oreille attentivement, tentant de percevoir au passage mouillé des véhicules quelqu'effet de sourdine sur un sol capitonné. Ou peut-être, dans un élan de sensibilité auditive empathique et imaginaire, le pas étouffé et croustillant des passants matinaux... Nous ne sommes qu'au sixième étage, douteriez-vous encore du pouvoir de mes oreilles bioniques?
- Oui, dis-je, j'en suis sûre! C'est l'hiver! Puis ils l'ont dit à la TV...
Monsieur L. se leva et se rendit dans le salon pour mettre un terme à nos suppositions et enfin trancher cette question si préoccupante.
- Nope mon coeur, pas encore!
Quelle déception, alors que j'avais planifié une exploration emmitouflée dans le parc dès l'aurore, pour retrouver le plaisir immense de fouler un tapis de neige vierge!
Mais non, le Rhône coule toujours paisiblement, et le lac du Parc de la Tête d'Or n'est certainement pas cerné par une cage de glace. Et point encore de monticule blanc visible sur le dos des éléphants. Ce n'est pas aujourd'hui que l'on devra interdire aux enfants téméraires de faire du bobsleigh sur les pentes cervicales des girafes.
Mais l'hiver est bien là, aux portes de la ville, et ma tendance frileuse, alors que j'écris ce matin, gèle mes doigts et renvoie mon imaginaire aux plaines gelée de la Sibérie ou à la maison natale du Docteur Zhivago, mangée par la glace. (Heureusement, je ne dois pas réchauffer l'encre pour écrire mes textes).
Peut-être mes rêves de cette nuit furent-ils influencés par l'ambiance d'hier soir, sur les traces de l'Abbé Pierre dans les rues enneigées de l'Hiver 54?
Toujours est-il que ce matin, il neige un peu dans ma tête, et sur mon coeur.

Echos