Samedi 2 décembre 2006
6
02
/12
/Déc
/2006
17:28
Lorsque j'entrai dans la pièce, le silence était très pesant.
Je regardais tout autour de moi comme pour indiquer à une présence potentielle que c'était la première fois que je mettais les pieds ici. Il y avait six chaises. Toutes étaient libres, malgré les deux personnes que je finis par remarquer. L'une d'entre elles rangeait les chaises. Tiens, mais ces gens... étaient-ils déjà là à l'instant où je pénétrai dans cet endroit bizarre? Je ne me souviens plus. - Raaa, serait ce Alzheimer, déjà...?Mon attention, troublée par l'ambiance lourde qui régnait ici, portait sur tout autre chose.Six chaises, toutes dissemblables, alignées au centre de la pièce. Quelle étrange famille... Manifestement, c'était bien ici que j'étais sensée attendre. Après quelques hésitations (un, deux, trois, quatre, cinq, un, deux, trois... non, pas la blanche, et pas trop au milieu), je choisis l'une d'entre elles, la dernière en partant de la droite (quatre, cinq).Je la saisis par le dossier, bien décidée à la déplacer légèrement, pour me sentir plus à l'aise. Peut-être plus près du mur, je ne savais pas... C'est à ce moment là qu'une folle furieuse, que je n'avais pas senti arriver, stoppa net mon geste et s'agrippa littéralement aux pieds de ma chaise comme pour signifier qu'il fallait absolument la laisser à cette place. Non mais... je résistai bien-sûr, elle ne me faisait pas peur cette mégère! Je tirai de toutes mes forces, rapidement persuadée que son intention était de me la prendre. Je saisis ma chaise à bras le corps pour déployer toute mes forces, lui montrer ma volonté féroce et sauver mon honneur. Finalement, la tarée lâcha prise. Je m'installai comme convenu (un, deux, trois). Je savais qu'elle n'oserait plus venir.Je m'installai tout près du mur.Entre temps, d'autres personnes avaient fait leur apparition. L'une d'entre elles poussa un cri. Pas un braillement de peur non, plutôt un long râle revendicatif. En vérité, elle faisait un véritable vacarme! Je n'osais pas la regarder. Elle aboya à nouveau. Il y avait comme une espèce de rythmique dans la fréquence de ses rugissements, une mélopée accablée qu'elle seule comprenait, une lamentation sonore propre à son esprit que je devinai dérangé.Quant aux autres, ils étaient silencieux mais je devinai leur présence. Je ne levai pas les yeux, surtout pas, fixant de toutes mes forces ma concentration sur mes doigts (trois, quatre). Et mes cheveux... pour une raison inconnue, je sentais ces foutues démangeaisons qui reprenaient de plus belle. Je me grattai frénétiquement le crâne. Et mes bras aussi, je m'en souviens à présent. Le contact de manches de mon pull sur ma peau était soudain devenu insupportable (cinq, un, deux). Je remontai mes manche d'un geste nerveux. Je fût soudain saisie par le froid qui régnait dans cet endroit lugubre. Je décidai donc de les redescendre sur mes poignets, tant pis pour l'irritation. Finalement non, tant pis pour le froid. Je ne supportai vraiment plus ces manches.Le vacarme m'empêchait de réfléchir correctement, s'insinuait en moi comme une vilaine grippe. Une autre personne poussa un cri, que j'assimilai cette fois à de la terreur pure. Et moi qui n'osait toujours pas regarder... A vrai dire, j'aurais tout donné pour être aveugle à ce moment précis, pour pouvoir m'assurer une totale tranquillité en toute cécité.Peu importe, c'était un détail technique finalement, je parvenais très bien à garder ma concentration pour éviter de partager quoi que ce soit avec ces étranges individus. Les bruits s'intensifiaient, comme s'ils se répondaient les uns aux autres. Ils devenaient aussi intrusifs que des coups de feu, aussi pénétrants que des bombardements. Bon sang mais combien de temps allais-je devoir attendre avant de pouvoir sortir d'ici?Et qui allait me sauver?Je commençais ressentir une peur viscérale, j'espérais que ça se voyait, mais pas trop... A mon tour, à bout de forces, je poussai un râlement rauque et agonisant, la bouche et les yeux fermés, comme pour signifier au monde entier que je n'en pouvais plus. Qu'il était temps pour moi de retrouver la sérénité.Un claquement. C'était fini.Je levai les yeux.-OK excellent les gars! C'était vraiment super. Toi Laure c'était très bien le truc de la chaise là, avec Missgaspa. Et Fred, qui commençait à lécher les murs c'était trop bon, on était tous morts de rire! Bon allez, revenez ici, on va travailler les textes maintenant. Encore bravo à tous, une belle bande de fous déjantés que vous avez jouée là. Cette salle d'attente chez le psychiatre était vraiment trop crédible!
J'adore retrouver mes partenaires d'impro. le jeudi soir.
Bande de malades, va.

Par Missgaspa
-
Publié dans : Far Beyond
5
Humm très très bien raconté. J'avoue que l'espace d'un instant j'ai eu l'impression d'être Randle Patrick McMurphy au cours d'une des séances de l'infirmière Ratched, Mildred de son prénom. Flippant.
Argh, j'avoue que sur le moment, j'ai moi-même eu une sacrée frousse!
je m'suis dit: "mais qu'a fait Monsieur L avec ma soeur....
super.
Biz.
Corine
et bien moi je t'aurais mis la camisole
faire peur aux braves gens de grand matin, millediables